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LE DIABETE GESTATIONNEL PDF Imprimer Envoyer

Le diabète gestationnel est une intolérance aux glucides qui est  diagnostiquée pendant la grossesse et engendre une hyperglycémie.

cruditesCette définition recouvre à la fois :

-         les diabètes ( quelque soit leur type) préexistants à la grossesse et découverts au cours de celle ci, et

-         les troubles de la tolérance glucidiques apparus pendant la grossesse et qui disparaitront après l'accouchement.

Il n'est pas fait de différence entre ces deux entités. Quel que soit le cas, une prise en charge similaire et spécifique est nécessaire pour préserver la santé du fœtus.

 

Diagnostic du diabète Gestationnel

La prévalence actuelle du diabète gestationnel en France est estimée entre 2 et 6%. Elle a tendance à augmenter.

Le diabète gestationnel est défini internationalement par un de ces 3 chiffres, sur des mesures faites entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée.

Glycémie à jeun

Glycémie une heure après une charge  orale en glucose de 75 g

Glycémie deux heures après une charge orale en glucose de 75 g

>=0,92 g/L ou 5,1 mmol/L

>=1,80 g/L ou 10,0 mmol/L

>=1,53 g/L ou 8,5 mmol/L

 

Actuellement en France, il est recommandé de faire un dépistage du diabète gestationnel chez les femmes enceintes de 35 ans ou plus, les femmes en surpoids (IMC* >=  25 kg/m² hors grossesse), celles qui ont des antécédents de diabète chez les parents ou dans la fratrie et celles qui ont déjà eu soit un DG, soit un enfant macrosome, c'est à dire de poids de naissance supérieur à 4 kg. Il n'y a pas d'argument pour faire un dépistage systématique chez les autres femmes. Il faut aussi faire un dépistage si, pendant la grossesse, on découvre un fœtus qui paraît macrosome à l'échographie.

Le dépistage se fait de plusieurs manières. Tout d'abord, une glycémie à jeun en début de grossesse chez les femmes à risque. Sinon, entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée, l'HGPO (hyperglycémie provoquée orale, ou charge orale en glucose de 75 g).

 

 

Quelle prise en charge, quels traitements ?

Une fois le diagnostic de diabète gestationnel établi, une prise en charge spécifique est nécessaire.

La patiente doit apprendre l'autosurveillance glycémique et apprendre à contrôler sa glycémie capillaire 4 à 6 fois par jour. Ce sont les résultats de l'autosurveillance glycémique qui vont déterminer si des injections d'insuline seront nécessaires. L'objectif est de garder une glycémie inférieure à 0,95 g/L à jeun et inférieure à 1,2 g/L 2 heures après le repas. Le premier traitement est la prise en charge diététique, avec calcul de la ration calorique adaptée à chaque femme, répartition de la prise de glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations), en privilégiant les éléments à faible index glycémique (qui font peu monter la glycémie). La prise de fibres est également importante car elles ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d'hyperglycémie post-prandiale.

En l'absence de contre-indications liées à la grossesse, l'activité physique régulière est conseillée.

La question du « passage à l'insuline » doit être posée si au bout de 10 jours de diététique bien suivie, les objectifs glycémiques ne sont pas atteints.

Le traitement se fait par injections. Les insulines dites « analogues rapides » (Humalog® et Novorapide®) peuvent être utilisées ; lorsqu'une insuline lente est nécessaire, une insuline de type NPH sera utilisée.

Les traitements oraux du diabète ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse.

 

Du point de vue de la grossesse et de l'accouchement

Si le diabète est bien équilibré, le suivi de la grossesse ne sera pas très différent de celui d'une femme non atteinte de diabète gestationnel. Une échographie supplémentaire pourra être faite en fin de grossesse pour évaluer la taille du bébé.

Si le diabète est difficilement équilibré ou que la femme enceinte a d'autres facteurs de risques surajoutés (hypertension artérielle...), le suivi sera plus rapproché et d'autres examens pourront être prescrits pour vérifier la vitalité du fœtus.

Pour l'accouchement, si le diabète est bien contrôlé, il n'y a pas de mesures particulières à prendre pour l'accouchement. Si un retentissement fœtal est constaté, l'accouchement sera provoqué, si possible après 39 semaines d'aménorrhée. Lorsque le poids estimé à l'échographie du fœtus dépasse, selon les équipes, 4250 g ou 4500g, une césarienne pourra être effectuée, car les risques obstétricaux deviennent importants.

Il n'y a pas de surveillance spécifique lors du déroulement de l'accouchement, sauf si la patiente reçoit de fortes doses d'insuline : le diabétologue établit alors un protocole de travail avec l'équipe obstétricale.

Une femme atteinte de diabète gestationnel peut accoucher dans une maternité de proximité (niveau 1), sauf en cas de prématurité, de malformation grave et de troubles importants de la croissance foetale.

Après la naissance, le risque principal chez le nouveau né d'une mère atteinte de diabète gestationnel est l'hypoglycémie. Ce risque est plus important si les mères ont reçu de l'insuline ou si les nouveaux nés sont de très petit ou de très gros poids de naissance. (<10° et >90° percentile). Ces nouveaux nés doivent être nourris le plus tôt possible après la naissance et toutes les 2/3 heures. Leur glycémie sera surveillée, en l'absence de signes cliniques d'hypoglycémie, juste avant la tétée, à partir de la 2° tétée.

 

Et après ?

Durant le post-partum, on continue la surveillance des glycémies afin de vérifier que le diabète disparaît.

Le diabète gestationnel récidive fréquemment lors des grossesses ultérieures, sans que la fréquence soit précisément connue (30 à 84% des cas...).

Les femmes qui ont fait un diabète gestationnel ont un risque accru de développer plus tard un diabète de type 2, et un dépistage de celui ci est fortement conseillé, lors de la consultation post-natale, puis tous les un à 3 ans, pendant au moins 25 ans...

Ce dépistage peut être fait par une glycémie à jeun ou une HGPO.

On conseille aussi au femmes ayant fait un diabète gestationnel de programmer leurs grossesses ultérieures.

 

Une des difficultés des femmes atteintes de diabète gestationnel est qu'elles doivent, en quelques semaines, acquérir une « culture » du diabète, savoir mesurer et interpréter leur glycémie, modifier et contrôler leur alimentation, vivre avec la crainte d'une conséquence sur la santé de leur bébé de ce diabète. Le soutien et partage, entre paires, ou bien l'aide de diabétiques plus habituées à la gestion quotidienne du diabète peut être une aide précieuse.

N’hésitez pas à venir chercher de l'aide sur notre forum !

 

 

IMC : l'IMC est l'indice de masse corporelle. C'est un indicateur de corpulence qui se calcule de la manière suivante :

IMC = Poids en kilos/Taille au carré (en mètres). La corpulence « normale » est de 19 à 25, le surpoids se définit à partir de 25 (hors grossesse naturellement).

Source : aide mémoire n°311 de l'OMS, consulté en ligne le 21 mars 2011, disponible ICI

 

Cet article a pour source les Recommandations pour la pratique clinique du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et de la Société francophones du diabète (SFD) sur le diabète gestationnel, parues en 2010.

Le texte long est publié dans le Journal de gynécologie, obstétrique et biologie de la reproduction (Vol.39/suppl2 au n°8).

Le texte court peut être librement téléchargé sur le site du CNGOF